
Droits de douane: Berlin appelle l'UE à montrer "ses muscles" à Washington, et à dialoguer

Le chancelier allemand Olaf Scholz et son ministre de l'Economie se sont montrés alarmistes jeudi sur les conséquences de la hausse des droits de douane décidée par Donald Trump, appelant l'Europe à montrer "ses muscles", sans écarter l'option de taxer la tech américaine.
Cette avalanche de droits de douane contre les partenaires commerciaux américains "constituent une attaque contre un ordre commercial qui a créé de la prospérité partout dans le monde", a jugé le chancelier Olaf Scholz à la presse.
Les Etats-Unis sont le premier débouché des exportations allemandes, un marché clé pour ses ventes de voitures, de machines ou de médicaments.
Comme la Commission Européenne, Berlin se tient "à la disposition du gouvernement américain pour discuter et éviter une guerre commerciale", a-t-il ajouté, et "nous devons montrer que nous avons des muscles solides".
Le vice-chancelier Robert Habeck a lui aussi appelé l'Europe à "augmenter énormément la pression" sur Washington et à ne pas jouer les "dégonflés".
Car il craint que les droits de douane "entraîne des pays dans la récession et cause des dommages considérables dans le monde entier", aux Etats-Unis, en Europe ou en Asie, région fortement frappée par ces surtaxes qui vont entraîner "la destruction des moyens de subsistance".
En conférence de presse, le ministre de l'Economie et du Climat n'a pas écarté l'idée française d'une taxe européenne sur les géants américains de la tech.
"Tout est sur la table", a assuré le ministre à ce sujet, tout en appelant l'Europe à ne pas riposter comme une "tête brulée".
Il faudrait "faire attention à ne pas rendre plus cher les produits dont on a besoin soi-même et que l'on ne peut pas compenser par d'autres pays", a-t-il souligné.
Ces nouveaux droits de douane menacent d'affaiblir un peu plus la première puissance européenne, très dépendante de son modèle exportateur et essorée par deux années successives de récession.
Les industriels allemands ont soutenu eux aussi la stratégie de la Commission européenne et réclamé une réaction "coordonnée" en cas d'échec des négociations, alors que les Etats-Unis sont la première destination des exportations allemandes.
"Les raisons invoquées pour justifier cette escalade protectionniste sont incompréhensibles", a déclaré jeudi la Fédération allemande de l'industrie (BDI) dans un communiqué.
Les droits de douane "menacent nos entreprises exportatrices et mettent en péril la prospérité, la stabilité, l'emploi, l'innovation et les investissements dans le monde entier", a-t-elle ajouté.
H. de Araujo--JDB